Nomadisme : voyage, voyage…

A la veille de partir en vacances, se pose le problème des valises ; ma femme excelle en cela. Mon job se limite à veiller aux appareils : appareils photos, caméra, lecteur mp3 pour l’avion, visionneuse pour les photos (et les sauvegardes), assistant personnel pour les adresses des cartes postales… Ce coup ci, j’esquive l’ordinateur portable (et qui plus est, de mon plein gré : voyage de noce oblige).

L’informatique (au sens large) n’a jamais été aussi présente, ni le nomadisme d’ailleurs.

Oui, mais…

Lié à la machine

Je fais partie de cette génération où les appareils informatiques font partie de la vie quotidienne. Je baigne dedans, plus que d’autres du fait de mon boulot (et moins que certains j’imagine). Au quotidien, je suis souvent en déplacement. Mon bureau est d’une virtualité totale : un Pda (assistant personnel / agenda électronique), un ordinateur portable, et un téléphone tout autant (portable).

D’un coup de métro (le PDA fait lecteur mp3), je suis à la Fac pour préparer ou donner un cours, d’un autre à l’école pour une journée de formation (ou une semaine). Parfois une stagnation à la bibliothèque, les livres sont encore un plaisir et une source de savoir que ne remplacera pas Google tout de suite (même si ils s’y frottent). Je suis partout chez moi ; ou du moins, partout au bureau.

Rentré à la maison, le bureau se fait un peu plus réel : les sauvegardes sont faites entre l’ordinateur portable et le fixe, synchronisation entre le PDA et le fixe, écoute du répondeur…

Et relevé des mails, on s’en doute. C’était au début impossible de les relever de l’extérieur, car la configuration de la machine changeait selon les endroits où je me posais, et bien sûr il me fallait sur moi les paramètres – pas toujours possibles a obtenir pour des soucis de sécurité. DHCP étant passé par là, cela simplifie la vie (DHCP signifie Dynamic Host Configuration Protocol, et pour faire simple il s’agit d’un protocole qui permet à un ordinateur qui se connecte sur un réseau d’obtenir sans intervention particulière sa configuration réseau). Il me suffit alors de brancher la prise réseau dans la machine, et hop !

Sans fils ?

J’ai renoncé à la connexion sans fil. Le Wifi est bien gentil, mais les histoires de configuration sont une horreur absolue. Entre les réseaux mal configurés qui sont des passoires en matière de confidentialité et auquel je pourrais me connecter sans en avoir le droit (dont celui de mes voisins…), et les réseaux au contraire trop bien configurés où l’administrateur tarde à me donner les clefs, c’est souvent plus facile d’avoir un câble réseau sur soi. Chez moi je m’y frotte, mais c’est micro coupures à répétition.

Bref : on a toujours besoin d’un câble sur soi.

Parlera-t-on des synchronisations entre 1 PDA et 2 ordinateurs ? Allez…

Mettre l’assistant personnel dans son socle déclanche le ActiveSync qui transfère les informations dans les deux sens : les données les plus à jour des deux sont conservées et en cas de conflit on me pose une question (c’est donc ça, la synchronisation). Simple, pratique. Mais si je veux mettre a jour également l’autre ordinateur avec les mêmes données, cela suppose que je dispose d’un second socle ? Et donc que je trimballe le socle et son alimentation électrique sur moi ? Bigre non !

J’ai au départ opté pour un mini câble de synchronisation, permettant en outre de recharger l’alimentation du pda. Idée géniale a 25€. La synchro a marché une fois. La recharge jamais.

J’ai acheté depuis une mini borne bluetooth, vous savez, du nom d’un roi danois du 10ème siècle, Harald Blatand (dents bleues en danois de l’époque). Ce monarque est connu pour avoir unifié le Danemark et la Norvège, c’est donc un unificateur par delà les océans, ce qui a donné l’idée aux concepteurs modernes d’en recycler le nom pour ce qui permet d’unifier des ordinateurs par delà les ondes. On sait que les deux pays ne sont plus unifiés, et qu’ils ont alterné guerre et paix par delà les siècles ; il paraît donc normal que les unifications d’ordinateurs ne fonctionnent qu’un coup sur deux. Bref : les deux appareils se reconnaissent, le PDA accepte ce qui provient de l’ordi, lequel fait bien coucou et… Et les données, elles, ne passent pas. Toujours la fameuse configuration, on pourrait tenter la blague : le roi aux dents bleues pue de la gueule.

Face à face, elles se parlent et ne se comprennent pas : les machines auraient donc atteint le même niveau que les hommes ?

Mais cela m’éloigne de mes vacances.

Baisse d’énergie avant les vacances ?

Mon PDA actuel a une autonomie de batterie d’environ 24h ; 48 si je l’allume pas, ce qui l’exclue de toutes vacances dépassant le week-end. Mon PDA d’avant (un Palm Vx) durait 3 semaines en veille, je l’ai donc ressorti et remis en service : une journée de charge, et le revoilà prêt au service ! Une synchronisation plus tard (j’avais pris soin de ne pas tout effacer sur l’ordinateur), il retrouve toutes ses précieuses applications : conversion de monnaie, métro, jeux pour dans l’avion, et j’en passe. Ah oui, tiens, et l’agenda pour les cartes postales ? Ah non, lui, non. Jamais pu obtenir plus que les adresses des centres techniques de Palm, périmés en plus. Et non, je ne leur enverrais pas de cartes postales. Plusieurs tentatives, plusieurs échecs. Les données sont toujours consultables dans l’application du bureau, mais rien à faire : il refuse de les mettre sur le Palm.

Revenons aux batteries et à l’autonomie. Faisons le compte : un appareil photo pour moi, un pour ma femme, une caméra, une visionneuse / sauvegarde : prévoyons donc 3 chargeurs, car 3 types de batteries différentes, 3 prises différentes (coup de bol, l’un des deux appareil photo et la caméra sont de même marque). Il va nous falloir envisager la prise multiple ? Coup de chance quand même, tout ça ne pèse plus très lourd – mais quand même, ça encombre et agace. Et on ne sait même pas si les prises de l’hôtel seront compatible, ni si on pourra charger tout ça une fois sur place.

Le blues de l’e-businessman

Les machines sont devenues dans la vie quotidienne une vraie nécessité, et en partant en voyage on se rend compte que là aussi elles sont devenues indispensables. Mais elles entraînent avec elle leurs lots d’obligations : des heures passer à configurer le fait qu’elles tournent ensemble, et les batteries dont l’autonomie n’est pas très durable.

A se demander si, finalement, je ne vais pas ressortir mon vieil appareil photo, et acheter mon journal habituel pour dans l’avion. Quitte à passer, avec deux marques moribondes (Minolta et France Soir), pour un résidu du siècle passé.

Vous savez, ce siècle ou l’on prenait des malles pour partir en pique-nique, ce qui n’empêchait pas d’oublier le sel…

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